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Ministère de la culture industrielle

logo-millenium-footerLes éditions Actes Sud sont passées de la publication de l’auteure Nina Berberova à celle du produit Millenium (les romans, pas la boîte de nettoyage dont le logo illustre cette note parce que cela revient au même). Sa directrice, Françoise Nyssen, nommée ministre de la Culture, est lauréate du prix Veuve-Clicquot de la femme d’affaires. Et c’est bien ce qu’elle est, à la tête d’une maison qui fait du business, rachète d’autres maisons ou des parts d’autres maisons : son métier consiste à faire de l’argent. Voici donc la fin de l’exception culturelle à la française entérinée dans la politique ultralibérale qui a commencé à la détruire, et notamment à détruire sa production littéraire et ses auteurs, depuis déjà plusieurs années, dans un mouvement qui s’accélère comme ailleurs, notamment dans le domaine de l’art, qui a précédé cette dérive.

Confier la Culture à une femme d’affaires de l’édition, c’est mépriser les droits des auteurs et plus généralement de tous les créateurs concernés par ce ministère. Seuls s’en sortent, et de plus en plus seuls s’en sortiront, ceux qui accepteront de faire le jeu du marché, de se soumettre à la demande des éditeurs et autres détenteurs de l’argent produit par le travail des créateurs. La situation de ces derniers est comparable à celle des agriculteurs : il s’agit toujours de culture, mais ceux qui engrangent les bénéfices et polluent la nature et la pensée en les exploitant ne sont pas ceux qui produisent un travail honnête. Ceux-là sont de plus en plus souvent réduits à la misère, tandis que les groupes (d’édition, ou autre) et leurs dirigeants continuent à s’enrichir et à dévorer les plus petits.

Cette nomination est emblématique d’un gouvernement qui ne comprend plus de ministère de logement, à l’heure où de plus en plus de pauvres se retrouvent et meurent dans la rue, qui ne comprend plus qu’un secrétariat d’Etat pour l’égalité des droits des hommes et des femmes mais pas de ministère pour les droits des femmes, ni pour les droits des enfants… Un gouvernement méprisant les opprimés et négligeant le nécessaire travail pour l’égalité des chances dans tous les domaines parce qu’il est tout entier tourné vers les forces de l’argent. Un gouvernement de banquiers et de détenteurs de confortables comptes en banque. Vous savez, ces gens qui ne vous considèrent que lorsque vous leur apportez de l’argent et se comportent comme les plus vils usuriers dès que vous venez à en manquer. Ne donner qu’aux riches, c’est visiblement la philosophie de ce nouveau gouvernement.

 

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A propos de Alina Reyes

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